Fret de base, BAF, THC, sûreté, frais de dossier : une cotation de fret se lit ligne par ligne. Savoir ce que couvre chacune suffit à comparer deux offres sans surprise.
Une cotation de fret maritime additionne un fret de base et une série de surcharges, chacune avec son rôle : carburant, manutention au terminal, sûreté, émissions, dossier. Le total affiché ne dit rien de ce qui est couvert. Pour comparer deux offres, on les lit ligne par ligne, à Incoterm et à point d'arrivée identiques.
Vous avez deux cotations sur la table et elles ne se ressemblent pas ? Montrez-les à nos spécialistes du transport international ou demandez un devis détaillé pour avoir un point de comparaison.
Quelles lignes trouve-t-on sur une cotation maritime ?
Prenons un conteneur de 20 pieds au départ de Chine, chiffré sur notre grille indicative, celle qu'utilise notre calculateur. Ce ne sont pas des cours de marché, mais l'ordre de grandeur et la structure sont ceux que l'on retrouve sur la plupart des offres.
- Le fret de base, 1 400 € : le prix du transport port à port, celui que l'on compare spontanément et qui ne représente qu'une partie de la facture.
- La BAF (Bunker Adjustment Factor), 168 € : l'ajustement carburant, qui suit le prix du combustible et que notre grille calcule à 12 % du fret de base.
- La THC (Terminal Handling Charge), 210 € : la manutention du conteneur au terminal, du quai au navire ou l'inverse.
- La sûreté ISPS, 25 € : elle finance les mesures de sûreté des navires et des ports imposées par le code ISPS, en vigueur depuis le 1er juillet 2004.
- Les frais de dossier et d'émission du connaissement, 60 € : le travail documentaire, facturé une fois par expédition.
Le total atteint environ 1 860 € avant tout acheminement terrestre. Le fret de base n'en fait que les trois quarts : comparer deux offres sur cette seule ligne, c'est comparer une partie du prix.
La surcharge émissions, la ligne la plus récente
Depuis que le transport maritime est entré dans le marché carbone européen, les compagnies répercutent le coût des quotas. Le calendrier fixé par la Commission européenne est progressif : les armateurs restituent des quotas pour 40 % de leurs émissions de 2024, 70 % de celles de 2025, puis 100 % à partir de 2027. Pour un trajet qui part de Chine et finit dans l'Union, la moitié des émissions du voyage est couverte.
Cette surcharge change chaque trimestre et ne se présente pas toujours de la même façon. Maersk, par exemple, la publie pour le quatrième trimestre 2026 à 74 € par 20 pieds sec entre l'Extrême-Orient et l'Europe du Nord, mais l'intègre au fret de base pour les départs de Chine continentale. Une offre peut donc l'afficher à part et une autre l'avoir déjà absorbée : avant de dire qu'une cotation est moins chère, on vérifie où elle se cache.
Ce qui ne figure pas toujours sur la cotation
Une cotation est vraie pour un périmètre donné. Ce qui reste en dehors finit quand même sur votre facture, à l'arrivée ou après. Les lignes qui manquent le plus souvent :
- Les frais de destination : manutention au port d'arrivée, remise des documents, parfois facturés par l'agent sur place et non par celui qui a coté.
- Le post-acheminement jusqu'à votre entrepôt, qui dépend de la ville et que l'on ajoute à part.
- L'assurance de la marchandise, que notre grille chiffre à 0,3 % de la valeur assurée avec un minimum de 25 €, et qui n'est jamais comprise d'office.
- Les droits de douane et la TVA à l'import, qui ne relèvent pas du fret : ils sont dus à l'administration et se calculent sur une valeur reconstituée.
- Les frais de stationnement du conteneur au port ou chez vous au-delà du délai de franchise accordé par la compagnie.
Le cas des droits mérite un détour. La valeur en douane se mesure au premier point d'entrée dans l'Union : le fret et l'assurance jusqu'à ce point s'ajoutent au prix de la marchandise. Une cotation qui mélange fret principal et transport en France sans les distinguer gonfle donc aussi la base taxable, comme l'explique notre billet sur la valeur en douane, ligne par ligne.
Comment comparer deux cotations de fret ?
La première vérification porte sur l'Incoterm. En FOB, le vendeur supporte les frais jusqu'au chargement à bord ; en EXW, l'acheteur prend tout en charge depuis l'usine, y compris le chargement. Deux offres bâties sur deux Incoterms différents ne couvrent tout simplement pas le même trajet.
- Même Incoterm et même lieu de prise en charge sur les deux offres.
- Même point d'arrivée : port de déchargement, ou votre entrepôt, frais de destination compris.
- Même matériel : un 20 pieds, un 40 pieds ou du groupage au mètre cube ne se comparent pas.
- Mêmes surcharges, affichées ou incluses, y compris la surcharge émissions.
- Même durée de validité : une offre valable quinze jours ne vaut rien pour un départ dans deux mois.
- Même franchise de stationnement au port d'arrivée.
Le choix du matériel pèse plus lourd qu'on ne le pense. Sur un volume moyen, l'écart entre une offre en groupage et une offre en conteneur complet tient souvent au mode de facturation plus qu'au transporteur : notre billet sur le point de bascule entre groupage et conteneur montre où il se situe, et le guide des conteneurs donne les dimensions utiles de chaque boîte.
Ce qu'il faut faire avant de signer
Reprenez vos deux offres et alignez-les dans un tableau, une ligne par poste. Chaque case vide est une question à poser par écrit à celui qui a coté : inclus, exclu, ou facturé par un tiers ? La réponse change parfois le classement. Pour obtenir une base de comparaison détaillée sur votre trajet, notre calculateur affiche chaque ligne séparément.
Questions fréquentes
Sources
- Commission européenne : réduire les émissions du transport maritime (calendrier du SEQE-UE)
- Maersk : Emissions Surcharge (EMS/ESS), tarifs du quatrième trimestre 2026 (1er septembre 2026)
- Organisation maritime internationale : SOLAS chapitre XI-2 et code ISPS
- Douane française : les règles Incoterms® 2020 et la valeur en douane











